
| C'est drôle ça ? De même que notre bien-aimé VIRUS souffre de préjugés, souvent fondés il est vrai, qui le rendent moins accessible aux "PTBD" qu'aux internes, le jeu de rôle semble être, dans l'enceinte du lycée, comme ailleurs, une pratique douteuse réservée à quelques initiés à la santé mentale fragile. Le Khleub correspondant n'a pour l'instant pas été recomposé après les vacances, et je crains qu'il ne soit voué à l'extinction totale. Ce serait dommage de laisser des malentendus priver des élèves, accablés par le travail, d'un moyen sain et amusant de développer leur créativité (entre autres choses). Mettons les choses au point. Le jeu de rôle offre une telle diversité qu'une définition est difficile à donner. Disons en gros que des joueurs se racontent une histoire, qui se déploie peu à peu suivant leurs lois. Pour ce faire, ils ont tous (sauf un) un personnage, à savoir un être créé de toutes pièces, dont les caractéristiques sont bien définies suivant des règles. En fonction du passé, des aptitudes, des contraintes pesant sur lui, le joueur décide de tous ses actes, cherchant toujours la cohérence avec le "caractère" de cet être imaginaire. Un des joueurs est à part ; il a pour tâche de faire vivre le monde autour des personnages, de juger de la réussite ou de l'échec de leurs actions ainsi que des éventuelles conséquences, et implicitement de faire tourner le jeu en proposant aux joueurs les situations où ils feront agir leurs personnages. On l'appelle généralement maître du jeu, et son rôle est considérable. Pour éviter que les parties ne soient trop chaotiques, il doit préparer à l'avance une intrigue qui balisera les actions des personnages ; pour s'aider, il peut trouver dans la presse spécialisée des scénarii, fournissant tous les détails qu'il aurait dû élaborer seul autrement. Et ainsi va le jeu... Une partie peut durer plusieurs heures, puisque les personnages ont une liberté considérable dans leur monde. C'est pourquoi il arrive parfois aux rôlistes jouant le soir de voir poindre l'aube avant de s'arrêter. Ce n'est pas le cas de tous, et je peux vous dire que les meilleures parties que j'ai faites se déroulaient l'après-midi, dans une bonne humeur incomparable. Le jeu de rôle reste en effet avant tout un moyen comme un autre de s'amuser ; faisant appel en plus à l'inventivité des joueurs comme à leur bon sens, sans parler de toute les facultés intellectuelles dont son personnage peut éprouver le besoin. Cependant, certains s'imaginent que Jeu de Rôle signifie perversion, renfermement, occultisme, voire schizophrénie ou instinct meurtrier... On ne peut nier que des esprits fragiles peuvent être influencés par les mondes fantastiques qu'ils imaginent, jusqu'à ne plus faire la différence entre le joueur et le personnage, entre la réalité et la fiction. Il faut néanmoins se rendre compte que si le jeu de rôle peut aggraver une névrose déjà existante, qui y joue de temps en temps, comme il jouerait au tarot ou au Monopoly, et qui ne croit pas plus à la réalité de son personnage qu'à celle de James Bond ou Rambo peut faire des parties sans prise de tête, puis reprendre une activité normale (à supposer encore que ce n'en soit pas une !) C'est pourquoi j'insiste sur l'intérêt d'un éventuel Khleub Jeu de Rôle. Je suis persuadé que bon nombre d'élèves, peut-être même toi (oui, je t'ai vu, ne nie pas, tu lisais mon article), sont attirés par ce jeu, soit par les infinies possibilités qu'il offre, soit par l'univers qui l'englobe. Ceux et celles qui sont doués pour le dessin et dont l'imagination est fertile ne peuvent ignorer les possibilités du monde du "Héroic Fantasy" ou du "Cyberpunk" ; les autres ont tort s'ils n'ont pas encore découvert les mondes décrits par Tolkien ou Herbert (auteurs, respectivement, du Seigneur des Anneaux et de Dune ; on en reparlera, si ça dure !), pour ne citer que ceux-là. Et je suis convaincu que beaucoup, sans le savoir, pourraient devenir des rôlistes du dimanche, découvrant ainsi un autre moyen de décompresser, même lorsqu'on n'est pas en prépa. Mon but est simple : éveiller chez ceux qui sont intéressés par le Jeu de Rôle l'envie et le courage (le mot me fait sourire...) d'y jouer au lycée. Des problèmes restent en suspens, comme celui du temps, qui nous manque toujours pour tout ; mais s'il existe une véritable volonté partagée, je n'entrevois qu'un bel avenir au jeu de rôle magnoludovicien, ainsi qu'à cette rubrique naissante... Si vous êtes de la partie, n'hésitez pas à contacter le journal (casier P, P comme Virus) ou moi-même (demandez le fou des cartes de la TS1, ils comprendront) ; pour les paresseux, attendez un peu, car nous agirons peut-être de notre côté. Au pire, si personne ne se manifeste, on essaiera quand même de publier ici des scénarios, des dessins, des nouvelles pour les rôlistes confirmés. Voici l'acte de naissance de la rubrique JdR de Virus ; ce qu'elle deviendra, seul l'avenir nous le dira. |
Virus - trimestriel du lycée Louis-le-Grand - Novembre 98